Interview : Pierceur professionnel de Mulhouse

Rencontre chez Modern Primitive
Le piercing est une pratique qui se démocratise de plus en plus ces dernières années. On en voit partout ! Nous sommes donc allés à la rencontre de Jean-Luc Chevalier, pierceur professionnel à Mulhouse, pour comprendre ce phénomène et éclairer tous ceux qui sont encore sceptiques envers cette modification corporelle.
Pourquoi être pierceur ?
A la base, le piercing est pour moi une passion. En dehors de la beauté esthétique, c’est aussi un véritable travail sur soi qui s’effectue lorsque l’on se fait piercer. J’ai tout simplement été décomplexé grâce à la beauté et aux valeurs spirituelles que le piercing porte en lui. On pourrait parler de « réappropriation du corps ». Mais c’est aussi l’aspect psychologique qui m’intéresse beaucoup. Je suis donc pierceur parce que j’aime réussir un beau piercing et j’aime travailler sur l’aspect psychologique, détendre le client. Le piercing est aussi très enrichissant parce qu’il touche toutes les classes sociales, toutes les cultures.
Quelles sont vos missions quotidiennes ?

Modern Primitive
13, rue Louis Pasteur
68100 Mulhouse
Avant tout, ma mission est d’informer, surtout sur la stérilisation. Je fais aussi l’accueil, la vente de piercing et accessoires, l’acte du piercing en lui-même, mais aussi un suivi du piercing. J’établie des rendez-vous tous les quinze jours, jusqu’à la cicatrisation complète pour m’assurer que tout se passe bien.
“Les bijoux que nous utilisons en première pause lors de l’acte piercing, sont certifiés en titane, matière bio compatible anti-allergique.”
Comment garantissez-vous le bon déroulement de vos piercings ?
Tout d’abord par l’hygiène. C’est le plus important et c’est la base de ce métier. Je m’assure toujours que tous les outils utilisés soient stérilisés. Tous ces outils sont à usage unique et les techniques de stérilisations sont les mêmes que dans un hôpital. Cela se déroule en trois phases. Les outils sont d’abord décontaminés à froid, puis passés aux ultra-sons, et enfin mis dans un autoclave. L’autoclave est à une température de 134° pour neutraliser les bactéries. Je collecte également toutes les aiguilles utilisées et je les envoie dans un hôpital où elles seront incinérées, par le biais de Médical 68.

Photo : IcyShire
N’avez-vous jamais peur de rater un piercing ?
Je n’étais bien évidemment par très à l’aise lors de mon premier piercing mais j’ai maintenant dix ans d’expérience derrière-moi et je suis donc totalement confiant. En plus, j’effectue toujours un bilan médical, dans la portée de mes compétences, pour m’assurer que le piercing est possible à l’endroit où on me le demande. Si j’ai un doute, j’envoie la personne chez le médecin avant de procéder à l’acte. Je demande également si la personne a des allergies et je ne pierce pas les mineurs sans accord parental. Je n’hésite alors pas à refuser un piercing si celui-ci est trop risqué, à cause de la morphologie de la personne, par exemple.
Comment devient-on pierceur ? Votre parcours ?
Il existe plusieurs formations pour être pierceur. Des stages d’une semaine qui sont très coûteux et pas assez complets à mon goût. Les explications sur l’hygiène et l’aspect psychologique face aux clients y sont presque oubliés. Il existe aussi beaucoup de centres de formation qui ne sont pas reconnus par l’état. Pour moi, l’idéal c’est l’apprentissage. J’ai donc personnellement commencé par une formation d’une semaine, mais non-content d’en avoir assez appris, j’ai fait un apprentissage de deux ans chez la « Body Piercing School » à Strasbourg. Mon formateur était Michael Da Silva. C’est ici que j’ai vraiment appris, j’étais vraiment contrôlé dans mes exercices. Parfois même filmé, pour ensuite analyser mes erreurs.

Photo : IcyShire
Depuis l’année dernière, un diplôme reconnu par l’état a été mis en vigueur pour avoir le droit d’exercer le métier de pierceur. Qu’en pensez-vous ?
Je pense que cela est une bonne chose et que ça fera un peu le ménage entre les charlatans et les professionnels. Nous devrons tous effectuer une mise à niveau et ce n’est pas du tout un problème pour moi. Le piercing est enfin reconnu en France et ça fait plaisir.
Quel est l’état du marché ?
A l’heure actuelle, le marché est de plus en plus concurrent. Beaucoup de personnes s’intéressent au piercing et veulent être pierceurs. C’est une véritable démocratisation du piercing qui se met en place. Personnellement, je suis bien implanté à Mulhouse et je compte beaucoup sur le bouche à oreille. Je ne rencontre donc pas de problème et je vis bien de mon métier !
Merci à Jean-Luc Chevalier pour ces explications précieuses et ce professionnalisme qui nous rassure tous. Il existe malheureusement beaucoup de pierceurs qui ne se soucieront guère de votre santé. Nous vous conseillons donc de toujours vérifier les locaux et les compétences de votre pierceur. Même si le gouvernement prend conscience du phénomène et met en place des mesures de contrôle, l’incompétence existera toujours et vous ne serez jamais à l’abri d’une mauvaise surprise. N’hésitez pas à demander une visite de la salle de stérilisation.









18-07-2011
Poséidon piercing's
(Anonymous)
17-07-2011
Cordialement Gabriel.
Bebniarz
(Anonymous)
30-06-2011
Si une personne peut m'aider contacter moi par mail : tribal1985@live.fr
cordialement julien
TRIBAL189
(Anonymous)